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Description :

Romans-Ecologie-Cosmologie

Tandem littéraire atypique (une star du x aimant la cosmologie, l'Egypte antique et les arts martiaux, et un ancien dirigeant de la FNAC féru de philosophie néoplatonicienne et amateur de Dark Metal), nous partageons depuis plusieurs années des centres d'intérêts communs. Nous concrétisons désormais cette connivence intellectuelle en coécrivant des romans.
Le premier est un thriller écologique, le second est une épopée de science-fiction.
Le roman de science-fiction ("Cathédrales de brume") est paru en Octobre 2009 aux Editions Rivière blanche en même temps qu'un disque que le groupe Dawn & Dusk Entwined a composé en s'inspirant de l'intrigue de notre récit en forme d'Odyssée.
Notre second roman : "Katharsis", est paru début Mars 2010 aux Editions Interkeltia. Il bénéficie d'une préface du philosophe et écologiste Yves Paccalet.
Ce blog a principalement pour objet de répondre à des interrogations liées à l'écologie et aux bizarreries de l'Univers qui interpellent notre curiosité.
Nous espérons que vous trouverez un réel plaisir à lire ces informations et à dialoguer avec nous.

Oksana & Gil

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  • Festival "Les Futuriales" le samedi 12 Juin
  • Chronique de "Cathédrales de brume" sur le site "Plume-libre"
  • Dédicaces et rencontre avec le public à la FNAC Valenciennes
  • Chronique de "Katharsis" sur le site www.plume-libre.com

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Festival "Les Futuriales" le samedi 12 Juin

Le samedi 12 Juin, nous participerons au Festival "Les Futuriales" qui se déroulera à Aulnay-sous-bois de 10h à 19h.
Comme nous avons plusieurs rendez-vous le matin même, nous serons sur place de 14h à 18h.
Ce festival à lieu au Parc Dumont situé à une minute à pied de la gare RER B "Aulnay-sous-bois". Il réunit une quarantaine d'auteurs de Fantasy et de SF et permet une rencontre sympathique avec le public à travers des dédicaces et discussions multiples.
Venez-nous voir....
Nous signalons par ailleurs que ce blog sera de moins en moins actif, car nous privilégions désormais les informations, interviews et articles sur : www.oksanaetgil.wordpress.com

Oksana & Gil
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#Posté le dimanche 30 mai 2010 05:49

Chronique de "Cathédrales de brume" sur le site "Plume-libre"

Imaginez-vous la situation suivante : vous vous réveillez dans une navette de secours peu de temps après l'explosion de votre vaisseau mère (35 000 personnes tuées). Vous êtes le seul survivant et vous êtes coincé dans un sarcophage. Aucune possibilité de bouger, seule contrepartie vous possédez une semi-immortalité grâce à une substance particulière et une sentinelle électronique pour seule compagnie.
Ceci est le point de départ du premier roman de ce duo d'écrivain. Un point de départ intrigant et ambitieux. Car comment tenir le lecteur en haleine pendant les 500 pages écrit serré du roman avec une errance solitaire ?
En effet, afin de se tirer de ce mauvais pas scénaristique, les auteurs imaginent que grâce à une glande spéciale, le navigateur est capable de se créer et de se projeter dans des mondes oniriques où il devient une espèce d'architecte cosmique. Ce sont les fameuses « cathédrales de brumes ».
Là réside le c½ur de ce livre vraiment pas comme les autres.
Il y a une dualité intense au sein de cette histoire. D'un côté, la vie dans le vaisseau avec sa déprimante austérité liée au froid intersidéral et ses règles de physique quantique immuables (admirablement décrites malgré la complexité du sujet) et de l'autre, l'opulence ou du moins l'extravagance des créations d'Amaranth Heliaktor. Les auteurs se sont manifestement beaucoup plus préoccupés de l'aspect « cathédrale » du roman avec des nombreuses descriptions de ces mondes polymorphes.
Le style employé par les auteurs peut être perçu de manière différente suivant le lectorat. Il s'agit d'un style très soutenu avec un vocabulaire qui m'a permis de me réconcilier avec mon dictionnaire. Donc certaines personnes parleront de lourdeur tandis que d'autres évoquerons des phrases poétiques aux tournures enivrantes. Donc ce qui est sûr c'est que leurs styles ne laissent pas indifférents.
Dans la mesure où les auteurs définissent leur roman comme un « conte philosophique et poétique immergé dans les théories de la gravitation quantique », je trouve que le style qu'ils emploient se marie parfaitement avec leur thématique. Car « Cathédrales de Brume » n'est nullement un roman d'action ou de suspens. Il y a une interrogation quant au pourquoi de l'histoire mais elle est relégué au second plan par les tableaux crées par Amaranth.
Ce livre est vraiment une ode poétique qui passe du temps à nous décrire mille monde merveilleux et autant de faune et de flore pour notre plus grand plaisir.
Le navigateur solitaire va chercher dans des personnalités connues la compagnie qui lui manque. Cela permet de brosser une large galerie de personnages. Et là, les auteurs n'ont pas peur des chocs culturels. Voir Jim Morrison discuter philosophie avec Héraclite peut poser des soucis intellectuels, tant cela est improbable.
De plus, certains compagnons seront beaucoup plus exotiques, il faut donc laisser son coté terre à terre à part pour pouvoir profiter de cette errance poétique et philosophique.
En résumé, « Cathédrales de Brume » est un premier livre difficile d'accès de par son style et son histoire mais qui, une fois domestiqué, devient un fabuleux voyage au c½ur de l'univers et de l'âme humaine. Après « Katharsis », beaucoup plus grand public, ce duo d'auteurs confirme tout le bien que nous pensons d'eux.
A suivre de très très près en attendant la suite.
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#Posté le lundi 03 mai 2010 05:45

Dédicaces et rencontre avec le public à la FNAC Valenciennes

Voilà l'affiche réalisée par la FNAC à l'occasion de la séance de dédicaces qui aura lieu le samedi 15 Mai à la FNAC Valenciennes.
Katharsis venant juste de paraître aux Editions Interkeltia, cette rencontre avec le public nous permettra d'instaurer un fructueux dialogue avec celles et ceux qui apprécient nos romans.
A bientôt...

Oksana & Gil
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#Posté le mercredi 14 avril 2010 05:56

Chronique de "Katharsis" sur le site www.plume-libre.com

Nous sommes en 2033.
L'homme continue consciencieusement la lente et inéluctable destruction de la planète. Les émissions de gaz à effet de serre sont toujours aussi nombreuses. La forêt équatoriale diminue de jour en jour et les tensions sociales sont plus tendues que jamais.
C'est dans ce contexte que survient un chantage organisé par une mystérieuse organisation qui change de nom chaque jour : L'humanité a 18 jours pour changer de comportement vis-à-vis de la planète Terre, sinon une sanction terrifiante menacera l'existence même de la race humaine.

La première chose qui frappe à la lecture de ce Katharsis, c'est le style des auteurs. Il ne trouve que peu d'équivalent dans les romans publiés récemment et certains passages lorgnent vers une pure poésie.
Donc, tordons rapidement le cou à une idée reçue qui pourrait vous venir en lisant le résumé ci-dessus, il n'est nullement question ici d'action ou d'un quelconque Jack Bauer qui doit sauver la planète. Katharsis se situe à un tout autre niveau. Nous sommes ici sur le questionnement de la place de l'homme sur cette planète et de son devenir.
L'un des plaisirs de lecture de ce roman consiste dans la dualité du chantage qui est fait à la population mondiale. Les éco-terroristes ont tort sur la forme mais raison sur le fond. Ce qui déclenche nombre d'interrogations quant au devenir de notre planète et sur notre action au quotidien.
Sommes-nous prêts à renoncer à notre niveau de vie pour sauver la planète ?
Katharsis peut donc se lire comme un anti-livre catastrophe dans la mesure où il emprunte certaines ficelles de ce genre ultra-codé (beaucoup de personnages à différents endroits géographiques pour éprouver tous les points de vue) pour les détourner, afin d'amener le récit vers des rivages qui intéressent plus les auteurs. Alors, bien sûr, il y a une dose de suspens pour tenir le lecteur en haleine.
Quelle est la menace exacte ?
Les terroristes passeront-ils à l'acte ?
Quelle va être la réaction des uns et des autres. ?
Mais là encore, l'intérêt principal du livre se situe ailleurs : dans la dextérité avec laquelle Gil Prou et Oksana nous décrivent les errances psychiques des différents personnages. Avec leur style plein de descriptions et de phrases agréablement tournées, ils nous font admirer les beautés de la Terre tout en touchant du doigt les horreurs dont sont capables les hommes pour un peu plus de profit.
Car oui, Katharsis appuie bien là où cela fait mal. Pile sur la bonne conscience de chacun vis-à-vis de notre planète (le développement durable en prend pour son grade). Pas question de faire semblant après cette lecture, les auteurs nous acculent à nos dernières extrémités et ne nous laissent pas le choix : notre comportement écologique est effroyablement destructeur.
Le constat est là, amer, mais amené avec beaucoup d'intelligence et de recul sur le propos.
Issu d'un duo d'écrivain peu banal, Katharsis, paru dans une maison d'édition méconnue, mérite sa place au soleil car tant sur le fond, implacable et inéluctable, que sur la forme, poétique et aérienne, c'est une oeuvre forte qui détonne dans le paysage littéraire français. Une mention toute particulière au choix des prénoms des personnages, tous chargés de sens, mais incroyablement originaux.
La grande force de ce roman est la capacité des auteurs à nous emmener vers des terrains de réflexion originale et ce, sans être trop didactique. Très Belle performance !
A noter la résonance particulière qu'a ce livre quand on voit l'abandon de la taxe carbone pour contenter le profit à court terme. Il suffit de lire certains passages du livre en pensant à cet épisode politique pour ne pas avoir froid dans le dos quant à l'avenir de notre terre.


Katharsis, parution mars 2010, éditions Editions Interkeltia.

Lynchmaniac www.plume-libre.com
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#Posté le samedi 03 avril 2010 02:27

Un destin brisé : Fanny Mendelssohn

« Nous pourrions entrer dans un rapport nouveau, mystérieux, avec toute l'existence, si nous nous mettions à penser avec le c½ur »
Hugo von Hofmannsthal – Lettre de Lord Chandos

S½ur aînée de Félix, Fanny Mendelssohn constitue l'archétype de la jeune femme intelligente, cultivée, extrêmement douée, aimée de sa famille et promise à une destinée exceptionnelle. Hélas sa carrière fut prématurément brisée en raison de l'opposition farouche de son père, en un premier temps, puis de son frère en un second temps.
Pourquoi ce refus ?
Pourquoi cet ostracisme familial ?
Une lettre écrite par Abraham Mendelssohn à sa fille le 16 juillet 1820 (elle a quinze ans à l'époque), résume parfaitement cette étrange attitude qui confine à l'absurde.
Abraham écrit en effet : « La musique deviendra pour Félix son métier, alors que pour toi elle doit seulement rester un agrément mais jamais la base de ton existence et de tes actes. Nous pouvons néanmoins lui pardonner son ambition et son désir d'être reconnu dans un domaine qui semble très important pour lui, car il le ressent comme une vocation, bien qu'il soit tout à ton honneur d'y avoir montré toi-même de bonnes dispositions ; et ta joie sincère devant les louanges qu'il reçoit prouve que tu en aurais mérité tout autant à sa place. Demeure fidèle à ces sentiments et à cette ligne de conduite, ils sont féminins et seulement ce qui est féminin est un ornement pour ton sexe ».
On ne peut guère être plus clair.
Cette lettre résume une bonne partie de l'ambiguïté du statut des femmes depuis quelques dizaines de siècles et que l'on pourrait traduire d'une manière lapidaire et caricaturale par : soit femme et tais-toi !
L'exemple de Fanny Mendelssohn est donc parfaitement emblématique de cette saugrenuité qui perdure largement encore à notre époque.
En examinant les aléas d'une vie trop prématurément étouffée par des préjugés pervers, on esquisse le profil d'une jeune fille au moins aussi talentueuse que son frère Félix -l'admiration que lui portèrent Liszt et Schumann en est une preuve éclatante- mais qui vit progressivement se fermer devant elle toutes les portes de la reconnaissance et du succès.
Par amour filial.
Nous abordons ainsi un paradoxe : flagrante, infamante et proprement inacceptable, l'iniquité peut être la conséquence d'un véritable amour filial.
Mais un amour réducteur, un amour sclérosé.
Un amour destructeur.
Examinons un instant le parcours exemplaire et bien triste d'une jeune fille exceptionnellement douée pour la musique.
A treize ans Fanny Mendelssohn pouvait jouer de mémoire les vingt quatre Préludes de Bach. Elle devint rapidement ainsi une virtuose du piano.
Riches banquiers installés à Hambourg, les Mendelssohn vivaient dans un milieu très cultivé où l'on s'adonnait à l'étude des arts et à la philosophie. Le grand-père de Fanny et de Félix, Moses Mendelssohn, était reconnu en Allemagne pour ses travaux philosophiques et mathématiques, ainsi que pour une traduction de la Bible qui faisait référence à son époque.
Venant également d'une famille imprégnée d'une forte culture artistique, la mère de Fanny tout naturellement pris en charge l'éducation musicale de ses quatre enfants. Peu de temps après l'installation de la famille Mendelssohn à Berlin, les deux aînés démontrèrent rapidement un talent stupéfiant.
En dépit de ses compétences, car elle était une excellente pianiste, leur mère dut désormais confier Félix et Fanny aux meilleurs professeurs de la ville. Cette démarche s'inscrivit dans une logique liée aux particularités culturelles de la capitale prussienne qui abritait à cette époque de très nombreux artistes, dont les frères Grimm et Clemens Brentano.
Il faut observer par ailleurs que la s½ur de ce dernier, Bettina, avait une personnalité étonnante. Amie de Goethe et de Beethoven, elle écrivait, composait de la musique, animait un salon littéraire renommée et militait déjà ardemment pour une meilleure justice sociale, démontrant ainsi que même à une époque particulièrement peu épanouissante pour les femmes, la vivacité de l'esprit joint à la générosité du c½ur parviennent toujours à se faire entendre.
Même si cela est difficile et, trop souvent hélas, vilipendé.
Ce bouillonnement intellectuel étant dynamique et fécond, les deux surdoués de la musique en tirent immédiatement un éminent profit. A cette époque, Abraham Mendelssohn ne songe point encore à interrompre la destinée de sa fille aînée. Il conduit lui-même ses enfants à Paris afin qu'ils puissent bénéficier des conseils avisés d'une remarquable professeur de piano, Madame Bigot.
Indépendamment d'une virtuosité pianistique réelle, Fanny et Félix mettent promptement en lumière leurs talents respectifs pour la composition. Ils franchissent alors une étape supplémentaire en étant présenté à Carl Friedrich Zelter, le conseiller musical de Goethe.
Ils profitent donc à parts égales des leçons du maître, mais leurs chemins se séparent abruptement en raison de l'opposition de plus en plus affirmée de leur père quant à la poursuite d'une activité musicale pour Fanny.
Félix est présenté à Goethe. Il a quinze ans à cette époque et sa carrière est déjà tracée. Il sera un brillant compositeur adulé et reconnu par ses pairs.
Et Fanny ?
Abraham Mendelssohn ayant décidé que sa talentueuse fille devait se consacrer uniquement à des activités féminines, la composition musicale n'entrait à l'évidence nullement dans ce cadre.
Désolé Fanny...
Toute carrière en tant que musicienne professionnelle étant désormais impossible en raison d'une opposition parentale farouche, Fanny avait toutefois toujours le droit de jouer et de composer, mais dans le cadre de la sphère privée.
C'est à dire sans aucune reconnaissance possible. Néanmoins, cette reconnaissance surgira parfois. Mais elle devra, pour cela, emprunter des cheminements étranges et labyrinthiques à la fois.
Richissimes, les parents de Félix offrent à leur fils un orchestre lui permettant de créer ses ½uvres tout en les matérialisant immédiatement devant un public de connaisseurs. Cette initiative généreuse lui permit ainsi de se familiariser à la direction de musiciens. Se réunissant tous les dimanches, l'orchestre familial constitua un laboratoire idéal pour Félix, car cela lui permettait d'expérimenter en vraie grandeur le rendu sonore de ses compositions.
Dès que le succès grandissant de Félix l'entraîna partout en Europe, Fanny prit en charge cette activité et en devint rapidement l'infatigable animatrice.
Compensant probablement ainsi l'incarcération artistique qu'elle dut subir sans rechigner, elle s'investit totalement dans ces matinées dominicales dont le succès fut promptement impressionnant. Structurant les programmes, surveillant les répétitions, elle invitait de nombreux musiciens qui, comme Gounod, Liszt, Paganini ou Schumann, apportaient leur enthousiasme et appuyaient cette démarche novatrice.
Elle pouvait ainsi jouer ou faire interpréter ses propres compositions sans avoir a subir la réprobation de sa famille. Mais l'essentiel des ½uvres proposées étaient naturellement le fruit du génie de Félix. La participation de Fanny demeurait donc en demi-teinte, révélant mélancoliquement ainsi que son immense talent devrait définitivement demeurer dans l'ombre.
Une anecdote est doublement révélatrice à ce sujet, car elle met simultanément en lumière les incontestables qualités de compositrice de Fanny et la gêne récurrente éprouvée par Félix à l'égard de sa s½ur.
La reine Victoria connaissait très bien Félix et l'invitait souvent à la Cour d'Angleterre.
Lors des passages du musicien à Londres, elle lui demandait systématiquement un lied -qu'elle nommait « chant italien »- et que l'illustre souveraine aimait plus que toutes les autres ½uvres du célèbre compositeur.
Félix recueillait à chaque fois les compliments sincères de la reine, toujours émue.
Or ce lied, le n° 3 de l'opus 8, avait été composé par sa s½ur et publié en 1828 sous le nom de... Félix Mendelssohn !
On peut légitimement s'offusquer qu'un frère, très lié avec sa s½ur aînée et éprouvant pour elle un indéniable amour fraternel, puisse se livrer à une pareille trahison.
S'approprier le talent d'autrui constitue clairement une forfaiture et ne symbolise guère l'intensité des liens qui doivent unir un frère à sa s½ur.
Il faut se replonger, là encore, dans le contexte familial.
Pesant et très rigoureux à cette époque, remémorons-nous que le statut de la femme fut sensiblement moins enviable au XIXe siècle qu'au XVIIIe, l'environnement familial se refermait comme un étau sur la destinée des jeunes filles brillantes et talentueuses.
En plein Siècle des lumières, Jean-Jacques Rousseau écrivait : « Après tout, où est la nécessité qu'une fille sache lire et écrire de bonne heure ? Il y en a bien peu qui ne fassent plus d'abus que d'usage de cette fatale science ».
On ne peut pas être plus clair.
Cette simple citation sonne le glas de beaucoup d'espoirs prématurément fauchés et amplifie le sentiment de dégoût que l'on ressent en constatant le colossal gâchis humain ainsi orchestré.
Cette forme mielleuse et perverse d'opprobre concernant les capacités créatrices des femmes compositrices se poursuivit bien plus tard. En 1920, un regroupement de musiciens exceptionnels, le Groupe des Six, était composé de cinq hommes et une femme : Germaine Tailleferre.
Irrité par cette incongruité à ses yeux, un critique musical n'hésita pas à écrire : « Le Groupe des Six se compose de cinq membres et d'une membrane ! ».
La muflerie à l'état pur...
Cet aveuglement est toujours d'actualité car, si l'on prend l'exemple d'une autre compositrice réputée : Clara Schumann-Wieck (1819-1896), l'ensemble des musicologues l'appellent : la femme de Robert Schumann, alors qu'il ne viendrait à l'esprit de personne d'appeler Robert Schumann : "le mari de Clara Schumann-Wieck".
Dans le cas de Fanny Mendelssohn, le père ayant clairement et définitivement fermé la porte à toute espérance de carrière professionnelle pour sa fille, il paraissait donc naturel que les ½uvres les plus brillantes composées par Fanny soient publiées sous le nom de Félix.
Le savoir-faire demeurait ainsi au sein de la famille.
Il faut toutefois rendre justice à Félix car, après le décès tragiquement prématuré de sa s½ur en mai 1847, il entama la publication d'une petite partie des compositions réalisées par Fanny. Hélas, Félix décédant lui aussi très précocement, six mois plus tard pour être précis, ce colossal travail de réhabilitation demeura inachevé.
Les spécialistes ont par ailleurs beaucoup de difficultés à préciser l'ampleur réelle de l'½uvre de Fanny et son originalité spécifique, car la plus grande partie de ses compositions demeure encore dans les archives privées de la famille Mendelssohn et n'est toujours pas accessible aux musicologues.
La vie de Fanny fut donc une invraisemblable succession d'opportunités gâchées, de rendez-vous ratés avec l'Histoire, d'espoirs éteints aussitôt allumés.
Même sa mort porte le sceau de cette incompréhension poussée aux frontières de l'absurde. La veille de son brutal décès -elle s'effondra en faisant répéter une ½uvre de son frère- elle venait de terminer l'écriture d'un nouveau lied. Ce dernier s'appelait Bergeslust et il trônait encore sur son piano le jour de sa mort.
Or les derniers passages de ce chant sont émouvants car ils évoquent la fragilité de la vie et l'espérance dans le futur. Pathétiques et touchants témoignages d'une vie injustement brisée, ces quelques lignes sont gravées sur sa pierre tombale, ultime épitaphe résumant une destinée qui aurait put être lumineuse et féconde, et qui fut en réalité une existence par procuration.
Une vie entre parenthèse.
Ce constat est plus triste encore lorsque l'on se remémore l'amour des siens. Même si cet amour rigidifié par les conventions peut nous paraître désormais très proche d'une forme névrotique de claustration affective.
Il faut admettre toutefois que cet amour familial étouffant et stérile ne fut pas exclusif. Une bouffée d'oxygène égailla la vie de Fanny. En 1829, elle épousa le peintre Wilhelm Hensel qui l'encouragea toujours à poursuivre ses compositions et à ne jamais baisser les bras face à l'adversité.
Le destin lui sourit fugacement un an plus tard avec la naissance de son fils qu'elle prénomma Sebastien Ludwig Felix en hommage à ses trois compositeurs favoris : Bach, Beethoven et son frère.
Pour une musicienne n'ayant pas le droit de se livrer à d'autres activités que celles qui sont un ornement pour son sexe, sa contribution musicale fut riche, variée et imposante. Elle composa environ 400 ½uvres : lieder, pièces pour piano, ½uvres pour orgues, cantates, ainsi qu'un oratorio et une ouverture pour orchestre.
Fanny recelait donc dans le creux de son âme un véritable trésor : un talent protéiforme qui ne demandait qu'à jaillir bien au-delà des frontières d'un cénacle familial trop étroit.
Un talent brisé, un talent absurdement fauché.
Un talent qui démontre à quel point la non reconnaissance des qualités intrinsèques des femmes priva l'humanité de la moitié de son potentiel réel.
La meilleure peut-être...

Prochains articles :
- L'odieuse étreinte de la Vierge de fer
- Voir le Monde dans un grain de sable...
- L'héroïsme de l'insondable
- Extravagantes, inquiétantes, magiques : des exoplanètes à foison
- Les raisins de Zeuxis
- Le grand assombrissement du Monde
- Coincidentia Oppositorum
- La gravitation quantique à boucles
- Le Monde selon Whitehead
- L'énigmatique VIe siècle av J.C.
- Sous le soleil de Minos
- L'univers est-il né d'un simple spasme du vide ?
- Le désert en apothéose
- Ainsi parla Zarathoustra...
- Préambule à l'Apocalypse
- La « sphère de Dyson »
- L'émouvante taciturnité des pierres
- Le disque de Phaïstos


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#Posté le samedi 20 mars 2010 08:24

Presque immortels... les Tardigrades !

Le Tardigrade est sans aucun doute l'animal le plus étrange de notre petite planète.
Découvert par le naturaliste Johann August Goeze en 1773, qui le nomme « ourson d'eau », le Tardigrade doit son nom de baptême au biologiste Lazzaro Spallanzani (marcheur lent) en 1777.
Les plus gros mesurent 1,5 mm. Ils ont un corps qui est constitué de quatre parties segmentées protégées par une cuticule.
Le tardigrade possède huit pattes terminées chacune par trois griffes qui le font ressembler à un petit ours.
Cet étrange petit animal, on le retrouve sur tous les continents de la planète, parvenant à survivre dans des conditions extrêmes tels que les sables brûlants du désert, au milieu des glaces polaires, au sommet des plus hautes montagnes du monde, ainsi qu'au fond des océans les plus profonds (plus de 4 000m en fait). Aucune conditions extrêmes ne semble lui faire peur, pas même la proximité des volcans.
Cela fait de notre petit sujet d'intérêt un animal universellement répandu et qui possède des capacités hors normes...
Le tardigrade vit en moyenne 18 mois. Mais si ses conditions de vie viennent à changer, par exemple brusque montée de chaleur ou au contraire baisse totale de température ou encore sévère sécheresse, le tardigrade passe en mode « vie inactive » et peut ainsi atteindre 60 ans !
Il respire de l'oxygène dissous dans l'eau au travers de sa cuticule. Si l'oxygène vient à manquer, il se gonfle d'eau, s'immobilise et entre en vie ralentie.
Si c'est l'humidité qui vient à manquer, il s'immobilise, s'assèche, se contracte et arrête son métabolisme (la cryptobiose) en attendant des jours meilleurs. Cet état de cryptobiose le rend ainsi quasiment immortel...
Cette forme de résistance lui permet de suspendre le temps, mais aussi de survivre aux conditions les plus extrêmes
C'est également dans cet état de cryptobiose qu'il bat tout les records de résistance...
Quelques exemples :
- il supporte des températures de l'ordre de -200°C pendant plusieurs mois et il peut résister à des froids aussi intenses que -272°C pendant 24 heures,
- à l'inverse, il survit pendant 30 minutes à une température de +360°C,
- ses capacités de résistance défient le sens commun car il peut survivre dans le vide spatial. Tout en pouvant supporter des pressions égales à 1000 atmosphères,
- il résiste aussi à l'anhydride carbonique (CO²), au sulfure d'hydrogène (H2S), à une immersion dans l'alcool pur et aux rayons qui sont potentiellement mortels pour l'Homme.
Pour faire court, les tardigrades sont les seuls êtres vivants qui possèdent une résistance largement supérieure à celle qui leur est nécessaire pour survivre sur notre planète, même dans les conditions les plus extrêmes...
Afin d'examiner cette étonnante résistance dans un milieu hostile extrême, une équipe de scientifiques russes a voulu vérifier si les tardigrades pouvaient survivre dans le vide spatial tout en étant soumis à des rayonnements létaux pour tous les autres organismes vivants....
Le 14 septembre 2007, une fusée russe a satellisé une capsule avec à bord 43 expériences donc celle d'exposer des tardigrades au vide spatial et aux rayonnements ultraviolets dont on sait pertinemment qu'ils font dégénérer les chromosomes.
Dés le retour de la capsule, les scientifiques, constatèrent que les animaux desséchés semblaient intacts.
Après remise en condition de tous les tardigrades, force est de constater que beaucoup sont revenus vivants :
- 20% de ceux qui ont été exposés au rayonnement UV B et au vide spatial ont survécu,
- 100% de ceux qui ont été exposés au rayonnement UV A et au vide spatial ont survécu,
- Naturellement, 100% de ceux qui ont seulement été exposés au vide spatial ont survécu...
Le plus important, et le plus étonnent, c'est que les tardigrades qui ont subi le rayonnement ultraviolet A et qui sont revenues bien vivant ont recommencé leur cycle de reproduction comme si de rien était alors qu'il est reconnu que ce rayonnement dégrade l'ADN et empêche ainsi toute reproduction...
Immortels les tardigrades ?
La stupéfaction des scientifiques qui étudient les tardigrade vient donc du fait que cet étrange petit animal est sans aucun doute le seul sur Terre qui soit suréquipé pour survivre à de telles conditions de vie.
Cette résistance hors du commun a immédiatement générée des délires que l'on peut résumer ainsi : si les tardigrades sont aussi résistants face à des conditions physiques et climatiques qui outrepassent les conditions terrestres, ils pourraient très bien venir d'une autre planète -voire d'un monde extrasolaire- et voyager ainsi de planète en planète dans l'attente d'un Eden miraculeux.
Nous sommes tous les deux des écrivains de science-fiction, mais nous ne croyons pas à l'origine extraterrestre des tardigrades...
La vérité est plus belle encore.
Sachant que notre galaxie s'illumine de 100 à 300 milliards d'étoiles et que notre univers renferme environ 350 milliards de galaxies similaires à la notre (plus 7 trillions de galaxies naines...), les probabilités d'émergence d'une forme de vie extraterrestre sont colossales. Dans ce contexte qui donne déjà le vertige, la présence sur notre planète des tardigrades symbolise une merveilleuse découverte.
Si des créatures vivant actuellement sur Terre ont des capacités de résistance et d'adaptation outrepassant largement les pires conditions imaginables, cela signifie clairement que le caractère protéiforme de la Vie peut exister partout.
Partout... voilà un mot qui nous séduit vraiment, et nous ne remercierons jamais assez les « oursons d'eau », même si leur silhouette (voir l'image en tête de cet article) peut surprendre.
Les tardigrades ont une réelle « beauté intérieure »...

Prochains articles :
- L'odieuse étreinte de la Vierge de fer
- Voir le Monde dans un grain de sable...
- L'héroïsme de l'insondable
- Extravagantes, inquiétantes, magiques : des exoplanètes à foison
- Les raisins de Zeuxis
- Le grand assombrissement du Monde
- Coincidentia Oppositorum
- La gravitation quantique à boucles
- Le Monde selon Whitehead
- L'énigmatique VIe siècle av J.C.
- Sous le soleil de Minos
- L'univers est-il né d'un simple spasme du vide ?
- Le désert en apothéose
- Ainsi parla Zarathoustra...
- Préambule à l'Apocalypse
- La « sphère de Dyson »
- L'émouvante taciturnité des pierres
- Le disque de Phaïstos


Oksana & Gil
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#Posté le jeudi 11 mars 2010 01:47

Oksana & Gil en dédicaces chez Gibert le samedi 13 Mars...

Nous avons le plaisir de vous confirmer que nous serons en dédicaces le samedi 13 Mars dans la grande librairie Gibert Joseph (26 Bd St Michel).
La séance commencera à 15h et s'achèvera à 18h.
Nous serons sur place avec deux grands romanciers dans les domaines de la science-fiction, du fantastique et de l'angoisse : P-J. Herault et Kurt Steiner.
A cette occasion, nous aurons donc le plaisir de vous rencontrer, de dialoguer avec vous, et de dédicacer nos deux premiers romans : "Cathédrales de brume" et "Katharsis" qui vient juste de paraître aux Editions Interkeltia.
A très bientôt...

Oksana & Gil
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#Posté le vendredi 05 mars 2010 06:31

Modifié le jeudi 11 mars 2010 23:24

Le manuscrit de Voynich : un hapax déroutant et mystérieux

En 1912, Wilfrid Voynich, un libraire américain spécialiste de livres rares, découvrit dans la bibliothèque de la Villa Mandragone (aux environs de Rome) un manuscrit de quelque 230 pages écrit en caractères inconnus et illustré de surprenants dessins de plantes, de sphères célestes et de baigneuses.
À première vue, le manuscrit ressemblait à un manuel d'alchimiste ou d'herboriste, mais il était entièrement codé.
Certains détails des illustrations suggéraient que l'ouvrage avait été rédigé entre 1470 et 1500, et une lettre du XVIIe siècle jointe au manuscrit indiquait qu'il avait été acheté en 1586 par l'Empereur Rodolphe II. Le manuscrit avait ensuite disparu jusqu'à ce que Voynich le redécouvre.
Voynich a demandé aux meilleurs cryptographes de l'époque de décoder les caractères étranges, qui ne correspondent à aucune écriture connue.
Toutefois personne n'a encore été capable de déchiffrer le manuscrit. Sa nature, comme son origine, restent un mystère.
Devant ces échecs répétés, on a commencé à douter de l'existence d'un message à déchiffrer. Certains pensent encore que le manuscrit de Voynich est un canular sophistiqué dépourvu de sens.
Mais, comment un mystificateur aurait-il pu concevoir 230 pages présentant tant de régularités dans la structure et la répartition des mots ?
La première tentative de décryptage du manuscrit de Voynich à l'époque moderne date de 1921. William Newbold, un professeur de philosophie de l'Université de Pennsylvanie, a remarqué que chaque caractère de l'écriture du manuscrit, souvent appelée « voyniche », présentait de minuscules traits visibles au microscope. Selon lui, ces traits étaient des coups de plume et formaient une sténographie. Mais on s'est rapidement aperçu que les traits microscopiques n'étaient en fait que des craquelures naturelles de l'encre.
L'infructueux essai de Newbold a été le premier d'une série d'échecs.
Dans les années 1940, Joseph Feely et Leonell Strong ont tenté de substituer des lettres romaines aux caractères voyniches. Mais les diverses transcriptions n'ont donné aucun résultat sensé.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les cryptographes de l'armée américaine se sont essayés à décoder des textes cryptés antiques. Tous ont livré leurs secrets... à l'exception du manuscrit de Voynich !
En 1978, le philologue amateur John Stojko a déclaré que le texte était de l'ukrainien dont on avait supprimé les voyelles. Sa traduction ne correspond cependant ni aux illustrations du manuscrit ni à un quelconque élément de l'histoire ukrainienne. En 1987, un médecin nommé Leo Levitov a affirmé que le document était l'oeuvre des Cathares et qu'il était écrit avec un mélange de mots de différentes langues, mais son interprétation ne concorde pas avec la théologie cathare.
Les spécialistes s'accordent pour dire que toutes ces tentatives de décodage sont entachées d'une grande ambiguïté. Un mot voyniche peut y être traduit de diverses façons selon son emplacement dans le texte. La solution de Newbold nécessitait ainsi le décryptage d'anagrammes, ce qui introduit une certaine imprécision.
À l'inverse, aucune de ces méthodes ne permet de coder un texte en clair en un texte crypté présentant les propriétés du voyniche.
Si le texte n'est pas un code, peut-être est-il un langage non identifié ?
Pour représenter les mots du manuscrit, il existe une convention de translittération des caractères voyniches en lettres romaines : «l'alphabet voyniche européen». Une analyse statistique du texte révèle une très grande régularité. Les mots les plus courants apparaissent souvent plus de deux fois dans une ligne. Par ailleurs, le texte présente un taux de répétition qui n'a d'équivalent dans aucun langage connu. Le voyniche contient très peu de phrases dans lesquelles plus de trois mots différents apparaissent ensemble. Ces caractéristiques rendent improbable que le voyniche soit un langage humain. Il est trop différent de toutes les autres langues.
Autre possibilité, le manuscrit est un canular échafaudé pour réaliser une escroquerie, ou une élucubration d'un érudit exalté. Mais sa complexité linguistique semble infirmer cette théorie. Outre la répétition de mots, on observe de fortes régularités dans leur structure même.
Une combinaison aléatoire de syllabes ne produit pas autant de régularités.
Le voyniche est aussi beaucoup plus complexe que tous les langages pathologiques connus dus à des troubles psychologiques ou à des lésions cérébrales. Même si un fou avait inventé une grammaire et une écriture correspondante, le texte obtenu ne présenterait pas les propriétés statistiques du manuscrit de Voynich.
Par exemple, les longueurs des mots du voyniche suivent une distribution binomiale : les mots les plus courants comptent cinq à six caractères et la fréquence des mots de longueur différente de cette valeur décroît fortement, dessinant une courbe en cloche symétrique. Cette distribution est très rare dans les langages humains.
La répartition des longueurs des mots y est plus étalée et asymétrique, les mots relativement longs étant assez fréquents. Il est très improbable que la distribution binomiale du voyniche soit une propriété délibérée, car ce concept statistique n'a été inventé que plusieurs siècles après la rédaction du manuscrit.
Le manuscrit de Voynich semble n'être à première vue ni un texte codé, ni un langage inconnu, ni une production aléatoire.
Qu'en est-il vraiment ?
L'estimation selon laquelle les caractéristiques du voyniche sont incompatibles avec tout langage humain est fondée sur une expertise linguistique pertinente et solide. L'impuissance des meilleurs cryptanalystes face au texte rend peu plausible l'existence d'un message caché.
Reste l'hypothèse de la mystification, mais cette dernière est rejetée par la plupart des connaisseurs, qui considèrent que le manuscrit de Voynich est trop complexe pour être un faux.
Plusieurs chercheurs, comme Jorge Stolfi de l'Université de Campinas au Brésil, se sont demandé si le manuscrit de Voynich a été construit à l'aide de tableaux de production aléatoire de texte. Les cases de ces tableaux comprennent des syllabes, que l'utilisateur sélectionne, par exemple en jetant des dés, et combine de façon à former un mot. Cette technique pourrait engendrer certaines des régularités observées dans les mots voyniches.
Certaines propriétés du voyniche ne sont cependant pas aussi simples à reproduire. Des caractères courants pris individuellement peuvent n'être que rarement associés à d'autres et cet effet ne peut être produit en mélangeant de façon aléatoire des caractères contenus dans un tableau.
Le tirage aléatoire est cependant la notion clé. Ce concept n'a été précisé que longtemps après la réalisation du manuscrit, de sorte que dans une construction aléatoire médiévale, la combinaison des syllabes a probablement été effectuée autrement. Les mots formés ne seraient alors pas strictement aléatoires au sens statistique. Certaines caractéristiques du voyniche sont peut-être ainsi la marque d'un ancien système de codage.
Quelle technique utiliser dans cette hypothèse ?
La réponse dépend de la date de création du manuscrit. Il est illustré dans le style du XVe siècle, et il existe un consensus sur le fait qu'il est antérieur à 1500. Pour autant, les oeuvres artistiques imitent souvent le style d'une période antérieure pour faire paraître le document plus ancien.
Le « mystère » reste donc entier et cet étrange manuscrit s'inscrit dans le cercle très fermé des langages qui demeurent totalement inconnus en dépit d'innombrables efforts.
Parallèlement aux étranges entrelacs du manuscrit de Voynich, on peut citer le « linéaire A » en Crête et les caractères abscons du « disque de Phaïstos ».
Le linéaire A est une écriture -encore non-déchiffrée- qui fut utilisée dans la Crète ancienne. Elle était composée de quatre-vingt-cinq signes et idéogrammes. On suppose que le linéaire A transcrit le langage des Minoens.
Le disque de Phaistos est un disque d'argile couvert de hiéroglyphes imprimés à l'aide de poinçons. Il date probablement du XVIIe siècle av. J.-C. Il est d'origine crétoise (comme le linéaire A) ou d'origine proche-orientale. Nous reviendrons par ailleurs dans un prochain article sur cet étrange « disque » aux inscriptions sibyllines et qui fait fantasmer les chercheurs depuis plus d'un siècle.
Dans ces trois cas de figure, nous demeurons éberlués devant des messages issus d'un lointain passé et que nos investigations effleurent sans jamais décrypter leurs réels mystères.
Ces vestiges d'un passé qui nous échappe sont des « hapax archéologiques ».
Le terme « hapax » désigne en linguistique un mot qui n'apparaît qu'une seule fois dans l'½uvre d'un auteur. Dans le domaine qui nous importe ici, le manuscrit de Voynich, le disque de Phaïstos et les quelques fragments épars de linéaire A que l'histoire a bien voulu nous confier en offrande sont, eux aussi, uniques.
Donc indéchiffrables...
Or nous aimons les hapax, leurs arcanes et l'incomparable pouvoir d'émerveillement qu'ils génèrent en nous. L'émerveillement... une capacité si rare à l'orée d'un siècle de feu !

Prochains articles :
- L'univers est-il né d'un simple spasme du vide ?
- Presque immortels... les Tardigrades !
- L'odieuse étreinte de la Vierge de fer
- Voir le Monde dans un grain de sable...
- L'héroïsme de l'insondable
- Extravagantes, inquiétantes, magiques : des exoplanètes à foison
- Les raisins de Zeuxis
- Le grand assombrissement du Monde
- Coincidentia Oppositorum
- La gravitation quantique à boucles
- Le Monde selon Whitehead
- L'énigmatique VIe siècle av J.C.
- Sous le soleil de Minos
- Le désert en apothéose
- Ainsi parla Zarathoustra...
- Préambule à l'Apocalypse
- La « sphère de Dyson »
- L'émouvante taciturnité des pierres
- Le disque de Phaïstos


Oksana & Gil
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#Posté le vendredi 26 février 2010 06:53

Interview pour le site www.lavielitteraire.fr

Voilà le texte intégral de l'interview qui est parue il y une quinzaine de jours sur le site www.lavielitteraire.fr.

Entretien avec Gil Prou et Oksana autour de leur roman « Cathédrales de Brume », éditions Rivière Blanche, par Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy

1. Oksana et Gil bonjour. Votre très beau roman, "Cathédrales de Brume", écrit à quatre mains, raconte l'histoire d'un homme absolument privé de tout mouvement, enfermé dans un sarcophage de cristal, qui dérive à l'infini dans l'Univers. Comment cette idée, en soi métaphore foliacée, vous est-elle venue à l'esprit ?

Nous sommes partis d'un constat assez simple. Pour nous, l'esprit humain est capable des plus grandes choses, mais il se heurte systématiquement à trois obstacles : la brièveté de la vie, les insuffisances du corps face à l'agilité de l'esprit, les barrières psychiques que nous nous imposons et qui gangrènent nos légitimes aspirations (étant tous les deux totalement désinhibés nous essayons d'annihiler en nous et autour de nous ces carcans moraux et rigidités mentales qui sclérosent souvent l'esprit). Notre postulat de départ revient donc à libérer notre héros des deux premières contraintes (il vit plusieurs millions d'années et peut façonner des mondes virtuels sans aucune contrainte) tout en le confrontant toujours aux démons qui l'habitent. C'est pour cette raison que notre roman est davantage un conte philosophique et une odyssée intime qu'un space opera...

2. Chaque chapitre s'ouvre par une citation issue du patrimoine mondial de la littérature et de la pensée. Ce qui place votre roman sous les auspices de la poésie. L'écriture en est d'ailleurs avec bonheur travaillée en ce sens. Le merveilleux, la poésie, la littérature, quelles sont leur importance et leur pouvoir pour notre monde selon vous ?

En commençant à écrire ensemble, nous souhaitions mettre en avant nos sensibilités respectives, nos différences et nos centres d'intérêt communs. Dans cette optique, nous mêlons donc imagination et sensualité qui sont toutes les deux les filles naturelles de l'émotion. Nous apprécions plus particulièrement les recherches et les engagements qui vont au-delà du visible. Or celles et ceux qui tentent de "dire l'indicible" sont assez peu nombreux. On peut citer certains scientifiques (spécialistes de la gravitation quantique et de la cosmologie par exemple), les poètes, les mystiques et les philosophes.
C'est pour cette raison que, dans notre premier roman, nous donnons un rôle important à Héraclite, Hölderlin, Hildegard von Bingen ou aux personnages imaginés par Honoré d'Urfé. Il nous semble en effet que ceux qui s'approchent le mieux de l'indicible sont les poètes. C'est pour cette raison que les citations en tête de chapitre sont souvent issues de poètes qui nous émeuvent. Et pour répondre à la dernière question, le merveilleux, la quête de l'invisible derrière le miroir des apparences et la poésie, sont essentiels pour nous. Sans poésie la vie serait très triste.
Par ailleurs, nous prônons dans notre second roman une "vision holistique du Monde" des autres et de nous-mêmes. Or l'holisme est exactement à l'opposé du réductionnisme car il affirme - et revendique - qu'un tout représente toujours bien plus que la somme de ses parties. Or la poésie s'inscrit souvent dans cette démarche... Enfin, la gravitation quantique est souvent appelée la "Théorie du Tout". "Tout est Un" disait Héraclite il y 25 siècles. Et ceci est toujours d'actualité. Surtout dans un monde qui s'aveugle et creuse la tombe de ses propres descendants...

3. Comment avez-vous été amené à publier chez Rivière Blanche ?

Notre roman étant de la science-fiction française (ce qui limite déjà le nombre d'éditeurs spécialisés) et très atypique dans son contenu comme dans sa forme, nous devions contacter un éditeur lui-même atypique. Les Editions Rivière Blanche s'inscrivant parfaitement dans cette logique, nous avons contacté Philippe Ward en lui envoyant le synopsis de notre odyssée du futur. Il a été tout de suite intéressé et nous a demandé de lui faire parvenir le manuscrit. En dépit de sa taille (190 000 mots), la réponse fusa 15 jours plus tard...

4. Pouvez-vous nous raconter Oksana et Gil ? Leur rencontre ? Leur décision d'écrire ensemble ? Comment se pratique la composition à deux mains ?

Nous sommes tous les deux a priori très dissemblables, mais nos différences nous enrichissent vraiment et l'étrange alchimie opère parfaitement entre nous. Quelques mots nous concernant.
Oksana : épicurienne dans l'âme, j'aime les plaisirs de la vie. Je suis connue pour avoir tourné dans des films érotiques et dans des films à caractère pornographique. J'ai participé aussi à des clips musicaux, rédigé des chroniques pour la version française de Penthouse et présenté la dernière des Nuz. J'ai eu aussi un rôle dans le film Truands de Frédéric Scoendoerffer aux côtés de Philippe Caubère et Benoît Magimel. J'aime ce qui est insolite. L'exhibition et les jeux entre partenaires par exemple sont des choses qui pimentent ma vie. Pour moi la provoc... c'est naturel ! Après un bac S j'ai poursuivi des études supérieures en Mathématiques (DEUC en Mathématiques appliquées). Indépendamment de mon goût pour une sensualité débridée, je me passionne aussi pour la cosmologie, l'Egypte antique et la préservation de la Nature et de l'environnement. Je pratique plusieurs arts martiaux depuis de nombreuses années et j'écris des romans avec Gil depuis trois ans.
Gil : après des études supérieures en Egyptologie à la Sorbonne et une participation à l'aventure de la revue Actuel au début des années 70, j'ai occupé plusieurs postes à la FNAC. J'ai dirigé le Département Disques de la FNAC Montparnasse, puis la filiale chargée de l'importation de tous les produits culturels. Fin 2000, j'ai entamé trois tours du monde -une quarantaine de pays visités- en privilégiant l'Asie du sud-est et la zone Pacifique (principalement Mélanésie et Micronésie). J'écris des romans avec Oksana depuis 2007. Je me passionne pour les sciences de la Nature, la philosophie, la poésie. J'aime aussi les musiques sombres (Dark ambient, Doom, Dark metal) et le contact avec les civilisations oubliées (Antiquité) ou que l'Homme moderne souhaite oublier et qualifie parfois de « peuples premiers ».
Nous nous connaissons depuis plusieurs années et nous souhaitions vraiment écrire ensemble car nos centres d'intérêts (cosmologie, nature, Egypte, quête d'altérité et vision désinhibée du Monde) nous convient à imaginer des histoires qui se situent au-delà des apparences... Nous avons donc décidé d'écrire ensemble dès le début 2007. Ecrire "à quatre mains" est très facile. Il suffit de se faire confiance et de travailler sans cesse à l'amélioration des intrigues, des péripéties, des personnages; puis du texte. Généralement, Oksana s'occupe plus particulièrement des personnages, de leur caractère et de leurs émotions. Gil prend alors en charge le côté matériel, les descriptions et les évocations poétiques. Mais le processus s'inverse parfois...

5. "Nous apprécions plus particulièrement les recherches et les engagements qui vont au-delà du visible", dites-vous. Que diriez-vous avoir rendu visible, qui ne l'était pas, par votre roman ?

Certains éléments de cosmologie et de physique fondamentale. On peut citer la théorie du « multivers », les spécificités quantiques des trous noirs et -bien sûr- les étranges possibilités offertes par la Théorie des cordes (un espace à dix dimensions spatiales dont sept sont invisibles). Cette « émergence de l'invisible » apparaît aussi à travers le postulat de départ qui confère à notre héros une semi-immortalité lui permettant d'investiguer tous les recoins de sa propre psyché.
Certaines péripéties mettent en lumière des éléments propres à des formes de vies extraterrestres qui sont toutes « possibles » et qui apparaissent ainsi simultanément dans le monde réel (les Tonaxares, les Hormisdates et les Hexastylis) et dans les mondes oniriques façonnés par Heliaktor (les Daëdalus par exemple).
Enfin, l'étrange connivence amoureuse liant un humain à une créature artificielle balaye la fine pellicule du visible pour nous propulser dans un monde d'émotions nouvelles issues de l'invisible.

6. Les trous noirs sont un objet céleste virtuel, né de l'imagination des astrophysiciens pour rendre cohérent un univers dont ils n'entendent pas toute la musique. Cet objet non seulement ne peut être observé - et pour cause, sa structure même est pensée pour le soustraire à toute étude physique - mais est une création déduite de l'esprit scientifique pour postuler une cohérence mathématique de l'univers. En tant que tel, l'objet trou noir, dans un monde sciento-matérialiste, ne vous semble-t-il pas un substitut du concept Dieu ?

Non. Les trous noirs existent probablement et nos nombreuses discussions avec Jean-Pierre Luminet nous renforcent dans cette idée. Mais les trous noirs sont les objets cosmologiques et symboliques les plus fascinants qui soient. Ils se situent au même niveau que la matière de l'Univers lors du big bang et ils constituent de possibles « passerelles » entre les univers du « multivers ». Ils nous fascinent vraiment.
Quant à Dieu, étant néoplatoniciens dans l'âme, nous préférons évoquer l'Un plotinien.
Mais ceci sera au centre du troisième volet de notre « triptyque ». Nous ne souhaitons donc pas déflorer le sujet pour l'instant...

7. Pourquoi avoir choisi le mot "cathédrales", référent du monde médiéval chrétien, quand votre vision du monde tend vers l'Un plotinien ?

Toute la mystique chrétienne (de Denys l'Aréopagite à Angelus Silesius en passant par Maître Eckhart et Nicolas de Cues) est imprégnée par le néoplatonisme de Plotin, de Proclus et de Damascius. Et nous sommes toujours admiratifs devant la beauté esthétique et symbolique des cathédrales... Nous aurions pu - il est vrai - choisir "pyramides", car nous sommes aussi passionnés d'Egyptologie.

8. La connivence amoureuse dont vous parlez est-elle née de la conscience que l'homme moderne couronne l'avènement de l'homme-machine et qu'en tant que tel, la nature même, profonde, de sa sensibilité et de sa sexualité, va être appelée à changer radicalement ?

En fait, cette créature électronique qui se métamorphose insensiblement en femme symbolise un épisode de plus dans notre quête désinhibée d'une relation à l' "autre" sous toutes ses formes. Il en est de même quant à la relation étrange liant Sophonisba au crocodile géant.
Dans le second roman nous poursuivons cette quête à travers d'étranges accointances unissant homme et animaux dans le cadre d'un partage d'émotions « non-humaines ».
Pour Emmïgraphys, la notion de « machine » passe pour nous au second plan. L'important c'est quelle soit « différente ». Et amoureuse...
Quant à la sexualité, en raison de l'activité professionnelle de l'un (une) de nous deux, nous ne souhaitions pas aller trop loin dans ce domaine. Nous préférons privilégier la sensualité sous toutes ses formes.

9. L'aventure de la composition de ce roman vous a-t-elle révélé des choses au-delà du projet initial qui vous poussait à l'écriture ? Et bien sur, lesquelles ?

Notre quête permanente d'altérité a été largement amplifiée lorsque nous avons commencé à écrire les différentes péripéties du roman. Puis, lorsque nous avons imaginé et peaufiné les principaux personnages, nous avons réalisé que cette odyssée cosmique et intime nous entraînerait beaucoup plus loin que nous ne l'imaginions. C'est toute la magie de l'écriture à deux...Un seul exemple : la remémoration dramatique (pour Heliaktor) de tous les instants cardinaux vécus par tous les êtres humains ayant vécu avant lui, s'inscrit dans cette logique de découvertes in situ d'éléments inédits et qui n'étaient pas prévus au début.

10. Cette remémoration est un moment sublime de votre roman. Pouvez-vous, pour nos millions de lecteurs, en dire quelques mots ?

L'idée est venue assez tardivement. Mais elle est assez logique si l'on s'inscrit pleinement dans notre logique que l'on peut résumer : « parcourir le champ de tous les possibles ».
Revivre l'histoire des hommes dans une seule âme crucifiée par une immortalité non désirée nous parût ainsi presque évident. Même si cette déambulation est avant tout une effarante immersion dans la haine, la souffrance et la barbarie.

11. Vous parlez d'un "monde qui s'aveugle et creuse la tombe de ses propres descendants". Qu'entendez-vous par là ?

C'est la stricte description de notre monde actuel. C'est d'ailleurs le thème central de notre second roman et la raison pour laquelle nous avons demandé à l'auteur de « L'humanité disparaîtra, bon débarras ! » de rédiger la préface de ce thriller écologique du futur. En massacrant notre planète sans aucune vergogne, nous crucifions l'avenir de nos descendants. Et l'échec du Sommet de Copenhague démontre notre capacité d'aveuglement et son corollaire obligatoire : l'hypocrisie. Nous refusons absolument de croire ce que nous savons parfaitement : on ne peut produire et consommer de façon infinie dans un monde fini. Et nous serons neuf milliards en 2050...

12. "Nous refusons de croire ce que nous savons". Si je ne m'abuse, cette formule est un dérivé du travail du philosophe Jean-Pierre Dupuy, dont un pan de la pensée énonce que la conscience de l'homme n'est qu'une conscience en puissance, et non en acte, autrement dit que la conscience de l'homme ne serait pas à la hauteur de ses possibilités de coeur, et donc qu'il s'agirait de redéfinir ce que nous nommons conscience et acte. Votre ambition littéraire se situe-t-elle à ce niveau de volonté d'agrandissement du c½ur humain ?

Absolument. Et c'est en grande partie le thème du thriller. Face à une catastrophe climatique et humaine d'une part, et à un chantage vraiment apocalyptique d'autre part, nous pensons que l'humain doit s'exhausser au-delà de lui-même à travers ce nous définissons comme une « vision holistique du Monde » où la prééminence de la domination des autres et des plaisirs matériels serait progressivement remplacée par le principe d'association entre les êtres et la mise en avant des plaisirs immatériels (qu'ils soient purement sensuels, artistiques ou intellectuels). Naturellement cela ne marche pas car notre aveuglement est récurrent. Dommage...

13. La littérature, quand elle atteint la pensée poétique, ce qui est votre intention dans Cathédrales de Brume, est-elle une arme contre l'autodestruction, contre la mort ?

Tout à fait. La poésie est l'une des rares activités humaines qui -parfois- nous exhausse au-delà de nous-mêmes. Elle symbolise donc un parfait antidote face aux cruautés et aux médiocrités de la vie. Par ailleurs, elle donne à la mort un sens inédit car elle marginalise l'angoisse taraudante propre à toute créature mortelle par une curiosité sans cesse renouvelée. Cette curiosité hybridée d'émerveillement intègre totalement et naturellement la mort dans son cheminement.

14. Pouvez-vous, chacun, et pour nos billions de lecteurs, nous citer le poème qui compte le plus pour vous ?

Gil : La fin de Satan (V. Hugo)
Oksana : les poèmes de Sappho

15. Jusqu'à présent, quelle est la réception générale de votre roman ? Le "monde littéraire", si cloisonné, vous a-t-il réservé de bonnes surprises ?

Hormis une critique plutôt négative dans Actu SF, toutes les autres chroniques ont été favorables. Tout le monde reconnaît l'originalité de l'intrigue et son caractère « décalée ». La seule critique qui revient assez souvent concerne le caractère un peu trop « littéraire » de notre roman.
Nous sommes effectivement surpris que l'on reproche à un roman d'avoir un caractère « littéraire », mais ceci ne nous gêne guère car la réception qui nous est faite dans les festivals de SF est très chaleureuse.

16. Reprocher à un objet littéraire d'être trop littéraire, c'est bien là toute l'ambition de notre modernité s'étant donnée pour tâche de tout aplanir et d'ôter toute liberté à ce qui, par définition, - la littérature - est l'expression de la singularité. Qui reconnaissez-vous dans la production littéraire d'aujourd'hui ?

Nous refusons toute catégorie et toute « chapelle ». Nous gardons donc notre liberté d'apprécier toute littérature qui nous émeut.
Il semble que cette approche « globale » soit quelque peu surannée car la consommation de masse génère les cloisonnements et les stéréotypes. C'est-à-dire exactement ce que nous désirons abolir...
Il est malheureusement exact que la notion d' « aplanissement des goûts » est envahissante à notre époque où le marketing nous dit à l'avance ce que l'on doit lire, consommer et manger.
Nous souhaitons rester en dehors de cette triste mascarade.

17. Un pitch de votre second roman ?

Le lien ci-dessous en dira beaucoup plus qu'un long discours...
www.interkeltia.com/Fiches-livres/f-katharsis.htm
En raison de l'actualité du thème, de la présence d'Yves Paccalet à nos côtés et du caractère « étonnant » de la fin du thriller, ce roman devrait attirer l'attention sur lui !

Prochains articles :
- Le manuscrit de Voynich : un hapax déroutant et mystérieux
- L'univers est-il né d'un simple spasme du vide ?
- Presque immortels... les Tardigrades !
- L'odieuse étreinte de la Vierge de fer
- Voir le Monde dans un grain de sable...
- L'héroïsme de l'insondable
- Extravagantes, inquiétantes, magiques : des exoplanètes à foison
- Les raisins de Zeuxis
- Le grand assombrissement du Monde
- Coincidentia Oppositorum
- La gravitation quantique à boucles
- Le Monde selon Whitehead
- L'énigmatique VIe siècle av J.C.
- Sous le soleil de Minos
- Le désert en apothéose
- Ainsi parla Zarathoustra...
- Préambule à l'Apocalypse
- La « sphère de Dyson »
- L'émouvante taciturnité des pierres


Oksana & Gil
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#Posté le samedi 20 février 2010 04:49

Katharsis vient de paraître !

Notre nouveau roman vient de paraître aujourd'hui même aux Editions Interkeltia.
"Katharsis" est un thriller écologique préfacé par le philosophe et naturaliste Yves Paccalet. Ce roman en forme de compte à rebours se déroulant sous le chantage apocalyptique d'une organisation écoterroriste illustre tragiquement notre problématique actuelle...
Le livre peut désormais être commandé directement sur le site de notre éditeur : www.interkeltia.com.
Il sera aussi en vente lors du festival "Zone Franche - Les Mondes imaginaires" qui se déroulera à Bagneux le samedi 13 et le dimanche 14 Février. Nous y serons tous les deux le samedi 13 de 14h 30 à 18h 30 afin de rencontrer nos lecteurs et de préfacer nos deux premiers romans.
"Katharsis" sera disponible chez tous les libraires et sur les principaux sites (fnac.com ou amazon.fr) dès la fin Février.
Nous espérons que ce thriller écologique du futur vous passionnera...

Oksana & Gil
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#Posté le mercredi 10 février 2010 07:07

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